« Il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas de vie », Marie

Hola, qui es-tu ?

Je m’appelle Marie Perrigault, j’ai 22 ans et je suis diplômée de Design Graphique. Pour cela, j’ai suivi des études à LISAA Rennes. À la sortie du diplôme, j’ai donné vie à mes illustrations en les brodant sur des vêtements.

Depuis quand et comment ton projet est-il né ?

Mon projet est né de mon PFE (projet de fin d’études) lors de ma dernière année à l’école. Nous devions sur quelques mois réaliser un projet sans aucune contrainte. Destinataires, commanditaires, thématique ; créer l’identité visuelle d’un projet (événement, structure, appli etc.) que nous avions imaginé de A à Z. De mon côté, bien que mon cœur ait penché pour le graphisme, j’ai toujours eu une affection toute particulière pour le milieu de la mode mais surtout du textile de manière générale – un élément que je ramenais et ramène toujours en quasi permanence dans mon travail. J’ai donc décidé de penser l’ouverture d’une galerie d’artisanat d’art textile qui aurait lieu sur Paris et serait commandée par les ateliers d’art de France. C’est là que tout a commencé : logo, esprit, affiche. Je voulais que mes affiches représentent le travail en photo de mes artistes exposés et, pour l’une d’entre elles, j’avais je ne sais pas trop pourquoi une image très précise en tête (que vous pouvez retrouver sur mon Instagram) : deux radis brodés dans un tambour, ce qui créait comme une assiette, auxquels j’avais rajouté de vrais couverts en trompe-l’œil. Je ne savais par contre pas trop comment m’y prendre. La broderie commençait déjà un peu à se dépoussiérer sur les réseaux sociaux mais me paraissait encore une pratique très dure à maîtriser. Puis finalement je me suis lancée et mon premier brouillon a été le résultat final. Cela a été un peu comme une révélation de voir un dessin prendre forme avec des fils, comme si la broderie pouvait réunir mes deux domaines de prédilection. Enfin, le projet a plutôt bien plu à mon jury. J’ai eu mon diplôme. L’été est passé. Je ne voulais pas reprendre mes études directement mais plutôt découvrir un milieu différent, juste le temps d’une année, j’étais sûre de reprendre mes études derrière. J’ai ainsi intégré la radio campus rennaise dans le cadre d’un service civique qui, en plus des rencontres superbes et de tout ce que j’y ai appris, m’a laissé beaucoup de temps libre. Je me suis dit pourquoi pas me lancer ? C’était l’occasion avec ce confort de vie… et TOSEW est née.

Peux-tu nous parler de ton travail ?

Mon travail, c’est une symbiose entre ma vision du graphisme (ou comme j’aime le voir c’est-à-dire linéaire, géométrique, dépouillé, avec paradoxalement un amour des détails et de la couleur) et mon goût pour le textile, le design et la mode. Une pluralité de domaines qui s’entremêlent pour créer un même projet, se rassembler autour d’une harmonie. C’est un peu ça, TOSEW. Je suis seule sur l’ensemble des tâches, du dessin brouillon sur un cahier jusqu’à la photographie des pièces, le site web et bien-sûr la broderie.
Sinon, je dirais que, concernant l’univers graphique, il appartient à un monde onirique complètement influencé par la mythologie qui me fascine.

Quels sont tes inspirations et/ou références ?

On en vient donc aux références, une question assez facile pour moi car elles sont très claires et immuables dans le temps. La mythologie grecque et romaine pour l’imaginaire. Ensuite mes deux amours Picasso et Matisse – Picasso pour sa géométrie et le dessin à la ligne ; Matisse pour son choix des couleurs inimitable ainsi que sa création d’éléments végétaux. Sinon, pour citer quelque chose de plus contemporain, le travail (pour moi pas loin de la perfection) de l’illustratrice américaine Kelly Beeman : une mise en avant de la femme, des communautés de femmes, le design des vêtements au premier plan avec des couleurs toujours parfaitement choisies.

Un mot pour la fin ?

Un mot pour la fin, là comme ça j’ai que des trucs bateau qui viennent : du style il faut toujours croire en ses rêves et vraiment tout mettre de son côté pour les réaliser parce qu’en vrai le travail est capable de beaucoup de résultats. Comme disait Brel, « je crois qu’avoir envie de réaliser un rêve, c’est le talent. Et tout le restant, c’est de la sueur, c’est de la transpiration, c’est de la discipline. […] L’art moi je ne sais pas ce que c’est. Les artistes moi je connais pas. »

L’ESPACE DE TRAVAIL

LA CARTE D’IDENTITÉ

LES RÉALISATIONS GRAPHIQUES

MARIE PERRIGAULT :