« Elle savait qu’on se remet de tout. Un peu de traviole, mais on repart », Virginie Despentes

Salut ! Qui es-tu ?

L’Andro Gynette.

Depuis quand et comment ton projet est-il né ?

Je vais classer les « sois toi », « je suis féminin », « il faut sourire pour être belle », « le cœur bat l’amour pas », « fille facile, femme forte », « l’homme est une fille facile », « garçon manqué/fille réussie », etc. – enfin tous ces projets sont dans une démarche d’épanouissement de la femme et de l’égalité des sexes. Je ne me suis jamais sentie femme ou homme. Je ne comprends pas pourquoi à l’heure où on porte des pantalons, un mec en jupe se fait insulter. Tu me diras une fille aussi. Il y a une sacralisation du décolleté, des jupes et des minis shorts comme des objets d’attouchement, comme si en portant ça on s’exposait à un appel au sexe et qu’on le permettait. NON.
Notre sexualité nous regarde et regarde notre intimité, nos vêtements ne sont pas un appel à l’agressivité, ni à l’agression. Ils ne définissent pas plus nos orientations sexuelles. On a DES DROITS, celui d’exister, de parler, de penser, de marcher dans la rue sans se faire agresser, de ne pas être obligé de se ressembler pour supposément être joli/e. De tirer la gueule, et d’être respecté. De se respecter, et de ne pas se laisser se faire tabasser.
Mais on a DES DEVOIRS, le devoir de faire passer le message, celui de nous protéger les uns les autres et de nous respecter mutuellement, ça passe par les femmes, mais aussi par les hommes. Ce sont des projets qui ne ferment pas la porte, mais qui l’ouvre à tous, du moment que chacun est prêt à avancer vers cette égalité, que les femmes aient les mêmes droits que les hommes mais que les hommes aient aussi le droit à leur sensibilité, et ne soient pas enfermés dans leur virilité.

Peux-tu nous parler de la particularité de ton travail ?

Le but était de mettre des mots sur des émotions, des images, des sentiments, des histoires, de se réapproprier un moment, une idée à travers le tatouage. J’espère que j’y suis arrivé/e.

Et dans le sens inverse, quels sont tes tattoos les plus fous ?

Oulah alors euh je n’ai pas UN tatouage, j’ai plutôt deux jambes remplies de conneries, de colère, d’adage, ou de p’tits trucs anodins qui symbolisent un moment particulier de ma vie. Mais c’est très perso !

Un mot pour la fin ?

Je n’ai plus les maux. Et je crois que mon travail évolue mieux comme ça.

L’ESPACE DE TRAVAIL

LA CARTE D’IDENTITÉ

L’ANDRO GYNETTE :