Jérémy Charlot

« Ni plus ni moins », Jérémy Charlot

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Avec Talent : Qui es-tu ?

Jérémy Charot : Je suis Jérémy Charlot, graphiste, originaire du sud ouest de la France, lyonnais d’adoption et j’ai 28 ans. À partir de mes 17 ans, j’ai commencé à voyager seul : Angleterre, Hollande, Espagne, Canada, Slovenie, Grèce entre autres. J’ai appris la vie de cette manière, j’ai rencontré tout un tas de gens qui m’ont eux appris qui j’étais. Toutes ces expériences m’ont permis de me rendre compte que mon point de vue et ma culture n’étaient pas toujours les mêmes que ceux du reste du monde, j’ai donc essayé de comprendre toutes les personnes que j’ai pu rencontrer, ce qui m’a doté, au fil des années d’une TRÈS large ouverture d’esprit. Je pense que c’est vraiment ça qui me définit aujourd’hui.
Et puis je me suis rendu compte que mon pays était plutôt cool. J’ai donc décidé de m’y installer après plusieurs années de «nomadismes», et d’y reprendre des études.

A-T : Depuis quand, et comment as-tu commencé à exercer dans l’univers graphique ?

J-C : Ça fait donc 6/7ans que l’on m’a appris que j’avais une sensibilité et de l’intuition dans le domaine artistique et surtout que je pouvais les utiliser et même gagner de l’argent avec. Étant quelqu’un de plutôt extrême, je n’ai pas seulement appris un métier, je me suis pris d’une grande passion pour les arts graphiques. Maintenant je me lève le matin en étant content de bosser, alors que la notion de travail me paraissait totalement aberrante il y a encore quelques années.
C’est plus précisément un de mes professeurs qui m’a filé le virus, je ne sais pas trop comment expliqué, il m’a juste ouvert des portes et moi j’ai trouvé derrière certaines d’entre elles, des évidences. C’est pour ça que je ne pense pas que l’on soit fait pour un métier, car j’aurais pu en faire d’autres, mais plutôt que certains métiers sont fait pour nous. Et aussi je me suis rendu compte qu’avec de la passion et la motivation qu’elle engendre, énormément de choses sont possibles. Reflet certain de mon nomadisme antérieur, j’ai un peu de mal à bosser dans un cadre défini par des personnes, des horaires, des lieux… c’est donc naturellement que je me suis mis à mon compte rapidement après mes études, et j’en suis absolument ravi, je bosse d’où je veux, j’organise mon temps de travail comme je l’entends, mes amis ont l’impression que je suis tout le temps en vacances, pourtant je bosse vraiment beaucoup. Pour moi l’être humain ne peut pas être efficace à des heures ou des jours précis, alors moi je bosse uniquement quand je suis efficace (dans la mesure du possible, je suis dépendant de mes clients quand même haha) du coup je perds moins de temps, je trouve.

A-T : Quelle est ta vision du graphisme et de la communication visuelle ?

J-C : Concernant ma manière de travailler je suis très influencé par le courant scandinave. C’est un graphisme très épuré et très minimaliste. Je pars du principe que les informations passent mieux lorsqu’il y en a peu et surtout lorsqu’elles sont concises.
En France, on manque beaucoup de culture graphique, d’ailleurs beaucoup de gens ne connaissent même pas le métier de graphiste. De ce fait, trop souvent l’esthétisme et le graphisme sont mis de côté pour ne mettre en avant que L’INFORMATION. Pour moi, cela doit fonctionner comme un tout. Certains de mes clients me demandent de rajouter toujours plus d’infos, toujours plus de textes et de logos mais au final on se perd complétement dans les informations. Comment est-il possible, en 3 ou 4 secondes, de lire une trentaine de mots sur une affichs, c’est dommage car du coup cela crée selon moi de la désinformation. Mais je me trompe peut-être. Très souvent j’ai l’impression que l’on considère la cible comme étant insensible ou presque stupide, genre tiens «TU LE VOIS LÀ MON TITRE EN 110PT» «C’EST BON TU L’AS BIEN LU» haha. Le rôle du graphiste est aussi d’éduquer les populations à l’esthétisme et aux arts graphiques, car n’importe qui peut y être réceptif, il suffit de capter le regard et de toucher d’une manière ou d’une autre les gens. Et pour cela le «gras», le «grand» et le «ultra coloré» n’est pas toujours la solution. Le vide a par exemple un pouvoir extraordinaire visuellement.

A-T : As-tu des projets en cours ?

J-C : Oui j’ai plusieurs projets en cours en ce moment, du coup je suis super stressé car je suis extrêmement perfectionniste, c’est l’horreur haha. Je bosse sur une invit’ pour l’inauguration des nouveaux locaux d’un paysagiste genevois (projet essai haut de gamme), je fais un logo pour une asso médico-sociale parisienne, je bosse sur la nouvelle identité visuelle du festival cinémade (cinéma immersif et musique techno), je travaille aussi sur une pochette de vinyle d’un groupe funk jazz parisien, et enfin je prépare pas mal de fichiers pour la campagne printemps des hippodromes de Lyon dont j’ai réalisé l’identité visuelle 2017. Je ne sais pas si ça fait ça à tous les freelance, mais moi c’est « 1 mois avec 1 projet » et le mois d’après j’ai genre 4, 5, 6 … projets d’un coup. C’est très étrange, j’essaie toujours de trouver une explication rationnelle à ce phénomène haha.

L’espace de travail

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La Carte d’Identité

JC

Les Réalisations Graphiques

JEREMY CHARLOT :

 

 

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